Chronique : « Nous n’apprenons toujours pas de notre de notre naïveté… »

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Le Rwanda a depuis longtemps compris que notre pays ne se conquiert pas seulement par les armes, mais par la manipulation des émotions, des discours et des illusions. Il n’a même plus besoin d’attaquer pour vaincre. Il lui suffit de contester un projet, de rejeter une idée pour que des congolais dans leur empressement naïf s’y rallient aussitôt.

Et plus Kigali feint la colère, plus Kinshasa se félicite. Pouvons-nous encore nous souvenir ? La veille de la signature de l’Accord de Washington, le terroriste Paul Kagame fit courir le bruit qu’il était décédé. Et que firent les congolais ? Ils jubilèrent, commentèrent cette fake news, et y lirent une victoire. Mais la stratégie de ce bandit était claire c’est-à-dire donner la fausse impression qu’il ne serait pas impliqué dans la consécration de cet accord où toutes ses revendications historiques étaient en réalité garanties.

Après sa signature, pour faire consommer cet accord de paix entre un agresseur et un agressé, un accord contre nature, le terroriste Paul Kagame multiplia les sorties médiatiques contre ce dernier s’attaquant avec virulence au Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Et que firent les congolais ? Ils y virent encore la preuve d’une victoire saluant la fameuse diplomatie agissante nommant cet accord « clé boa ».

Le Rwanda joue sur notre psychologie collective. Il sait comment nous pensons, réagissons, et surtout, combien nous aimons confondre contestation et victoire. Il conteste un plan auquel il est lui-même favorable ou instigateur, et nous, par réflexe émotionnel, y voyons une prétendue victoire diplomatique.

Pendant que nous célébrons nos illusions, le terroriste Paul Kagame avance ses pions et scelle les clauses de notre affaiblissement. Pendant que nous applaudissons notre fameuse diplomatie agissante, il récolte les fruits de notre confusion. Et lorsque la vérité finit par éclater, c’est encore nous qui pleurons.

Malheureusement nous voici encore aujourd’hui dans l’incapacité à apprendre de nos propres naïvetés. Nous avons une mémoire courte. Tant que nous continuerons à confondre émotion et raison, croirons que les applaudissements remplacent la vigilance, et interpréterons chaque geste de Kigali à travers le prisme de la passion et non de la stratégie, nous serons nos propres fossoyeurs.

Le Rwanda n’a plus besoin d’espions; il lui suffit de nous observer réagir. D’où notre véritable combat ne se joue plus seulement sur le champ militaire mais dans la conscience nationale, notre capacité à penser par nous-mêmes, à reconnaître les pièges derrière les sourires, et à distinguer la ruse de la victoire. C’est le jour où nous apprendrons à réfléchir avant d’applaudir que le Rwanda cessera de jubiler et de se jouer de nous.

Par Maître Jackson KALONJI MUSHILA TSHIMANGA

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