Cinéma : « Congo ! Le silence des crimes oubliés », enfin une grande projection à Kinshasa

Partager sur :

À Kinshasa, c’est déjà la pré-saison au Centre Culturel et Artistique pour les pays d’Afrique Centrale. Et ce dimanche 16 février, pour lancer les hostilités, le film « Congo ! Le silence des crimes oubliés », a été officiellement projeté dans le cadre cosy du petit théâtre, une des salles du Centre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le public a reçu une véritable onde de choc.

Après plus d’une heure de diffusion, lorsque le film arrive à son terme. Sous les lumières tamisées de la salle du centre culturel où s’est déroulée la projection, l’atmosphère est lourde, presqu’insoutenable. Pas d’applaudissements, juste quelques murmures, des souffles retenus. Totalement secoué, le public a été plongé dans une spirale d’atrocités innommables, témoin impuissant d’une réalité trop brutale pour être ignorée.

Dans la pénombre, certains échangent un regard, d’autres fixent encore l’écran, comme si leur esprit peinait à se détacher de ce qu’il vient d’absorber. « Comment accepter que des humains puissent infliger tant de souffrance à d’autres, pour quelques intérêts économiques seulement ? », s’interroge un jeune, la vingtaine révolue, encore bouleversé par ce qu’il vient de voir. Pourtant, tout est vrai. Le film ne fait que rapporter les faits, des faits qui ont bien eu lieu, dans l’est traumatisé du Congo…

Sorti en 2015, ce film documentaire, a d’abord été zappé par les autorités de l’époque « qui voulaient empêcher les congolais à visionner ce long métrage retraçant l’histoire sombre de violences épouvantables dont sont victimes toutes les couches sociales dans l’Est de la RDC », raconte Gilbert Balufu, qui en est le réalisateur.

L’objectif de cette réalisation explique-t-il, « était aussi de donner un point de vue et une vision congolaise sur cette histoire ». « J’ai écrit, produit et réalisé ce documentaire pour dénoncer et sensibiliser la communauté internationale à l’ampleur des crimes, des viols et des massacres de populations civiles, afin que les gens comprennent qu’il s’agissait d’un génocide oublié, de l’époque de Lumumba à la guerre de l’Est, soit deux décennies. », ajoute Gilbert Balufu.

Au regard du contexte, et de la menace qui pèse actuellement sur la RDC, cette projection tombe à pic, ont déclaré des spectateurs interrogés dans la salle. Dans le cadre de son programme « Debout, Peuple du Congo », le Centre Culturel et Artistique pour les pays d’Afrique Centrale, a bien fait de jeter son dévolu sur ce film choc pour le démarrage de sa pré-saison.

Honoré que son travail soit enfin reconnu par ses pairs, le réalisateur Gilbert Balufu, n’a pas caché sa satisfaction : « C’est un sentiment de satisfaction d’abord Intellectuel, et moral parce que ce film a été réalisé pour être vu par les congolais qui ne l’avaient jamais vu auparavant », s’est-il réjoui.

Écrit par :

Henock Kalala
Henock Kalala
Rédacteur Web, JRI

À LA UNE

ACTUALITÉS CONNEXES