« On finit tous là où on est censés être », dit une vielle sagesse. L’histoire de Gaz Mawete, est des celles qu’on qualifie d’unique. Si aujourd’hui son parcours inspire et ses faits d’armes font des étincelles. Tout n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille pour ce jeune crack de 31 ans. Issu d’une famille nombreuse, Gael Kapia Mawete à l’état civil, ne devait normalement pas finir dans la musique, s’il avait suivi la voie que lui traçait son père, rigoureux et attaché aux valeurs.
Très jeune, Gaz Mawete a une particularité : savoir bien parler. Très bien même d’ailleurs. Et comme souvent dans les familles africaines, on commence à lui chercher une profession pour l’avenir. Son père le voit bien journaliste ou peut-être avocat. Une belle carrière en vue, son fils est brillant…
Si la famille a ses plans. Dans l’ombre et en silence, Gaz Mawete concocte les siens. Rien de tout ce qu’on le miroite ne le fait rêver. Lui a son idée en tête, une idée bien précise : il veut devenir musicien. Et lorsqu’il révèle ses intentions à sa famille, c’est un petit scandale qui secoue l’harmonie quotidienne. Son père ne veut pas l’entendre de cette oreille. Son fils ne doit pas finir musicien, ce n’est pas un métier ça, c’est une passion qui égare. Oui, il faut le dire, la musique est l’âme du Congo, mais ceux qui la font ne sont pas souvent bien vus…
Croire dur comme fer
Il ne suffit pas d’avoir un rêve, il faut aussi avoir du cran pour résister aux tempêtes et aux épreuves du temps si on veut atteindre son objectif. Doté d’un talent évident, Gaz Mawete va se décider de marcher à contre courant, défiant son père et d’autres personnes qui ne le voyaient pas faire long feu. Si tout ne prend pas tout de suite, le natif de Masina persiste et signe. Lui sa place et bien là, dans la musique.
Après quelques insuccès dans certains télé-crochets et compétitions de musique au niveau national et continental. La mayonnaise commence à prendre, petit à petit. C’est vraiment en 2017, que va sonner son heure. Engagé une nouvelle fois dans un télé-crochet national, Gaz Mawete survole les débats, et rafle le sésame. Les portes de la cour des grands lui sont finalement ouvertes. Et depuis lors, il enchaîne des tubes et des collaborations de haut niveau.
Désormais, à Kinshasa, sa terre natale. Il est une étoile filante qui illumine le ciel des jeunes et fait des émules. À Paris où plusieurs apprennent à composer avec son talent, il prend ses marques et s’installe sans complexe. Encore une fois, ce chanteur tout terrain, capable de mettre le feu aux poudres avec n’importe quelle prod, est la preuve que « ceux dont le destin est de mourir pendus ne se noient pas ».
Sur une bonne dynamique, Gaz Mawete a une excellente marge de manœuvre pour s’imposer comme le prochain patron de la musique congolaise, quand ses aînés se seront éclipsés. À moins qu’il n’en décide autrement, l’ascension continue…

