Commémoration du Genocost : l’insoutenable témoignage d’une rescapée !

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Depuis deux ans maintenant, la RDC commémore chaque 02 août, le Genocost, une initiative mise en place pour la reconnaissance du Génocide contre la population dans l’est du pays. Ce vendredi 02 août 2024, tout le pays avait les yeux rivés sur Kisangani où la cérémonie commémorative a eu lieu.

Cette ville martyre, chef-lieu de la province de Tshopo, a connu les affres du terrible affrontement entre deux armées étrangères en 1998, à savoir celle du Rwanda et de l’Ouganda qui, pendant 6 jours, ont marqué au fer rouge l’histoire de cette ville et ses habitants qui, pour certains, peinent à oublier. Vendredi dernier, lors de la cérémonie, certains rescapés sont revenus sur ce sinistre épisode, en racontant ce que cette guerre dite de « six jours » a fait d’eux. Sensationnel243, revient sur le terrible témoignage de Théthé Solo.

Au moment de l’affrontement, Théthé n’avait que 9 ans. Pourtant sa vie a littéralement été bousillée. En effet, la fillette qu’elle était, a perdu ses deux jambes. Et perdre ses jambes dans un pays comme la RDC, où seuls ceux qui sortent peuvent survivre, revient presqu’à perdre sa vie.

« Je n’étais qu’une enfant de 9 ans lorsque les premiers coups de feu ont retenti près de notre maison. Paniquée, j’ai cherché refuge avec ma petite sœur sous le lit de nos voisins. Mais la première bombe est tombée directement sur la maison, touchant mes jambes… »

« Alors que j’espérais de pouvoir les sauver, une deuxième bombe est tombée, broyant mes os. Sous le feu des tirs, ma petite sœur est allée chercher notre mère, et ensemble, elles m’ont emmenée à l’hôpital général, où les médecins avaient également pris la fuite… »

« Mes jambes ont commencé à pourrir, et il n’y avait personne pour m’aider. Quelques jours plus tard, un médecin est revenu, mais il a dû nous annoncer que la seule option était de m’amputer les jambes. Aujourd’hui, je porte des prothèses, mais les souvenirs douloureux de ce jour me hantent encore », a amèrement raconté Théthé Solo, hier vendredi 2 août, devant la Première ministre Judith Tuluka, et un parterre de membres du gouvernement congolais, lors de la cérémonie commémorative de cette insoutenable tragédie.

Écrit par :

Ravanelly Ntumba
Ravanelly Ntumba
Journaliste, Chroniqueuse

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