Concert de Moïse Mbiye au stade des Martyrs : le récap du show !

Partager sur :

« C’est le concert du peuple », s’affairait à dire l’artiste lui-même. Et le jour J, le peuple a répondu présent, malgré les soubresauts. Dans un stade des Martyrs débordant de monde, Moïse Mbiye a livré un spectacle mémorable. Non seulement que le chantre a réalisé un de ses rêves, il a aussi intégré par la même occasion, le cercle très fermé des artistes congolais (toutes catégories confondues), qui ont dompté cette arène.

19 mai 2024. Si finalement la journée s’est achevée sur une note positive dans l’ensemble, elle aurait pu entrer dans l’histoire, et de manière très fâcheuse. Dans la matinée, alors que tout le monde s’était couché la veille sans rien soupçonner. Les forces armées congolaises ont annoncé contre toute attente, avoir étouffé dans l’œuf une tentative de coup d’Etat.

La nouvelle, lourde de sens, commençait à faire son effet sur la population, même quand les services de sécurité assuraient que rien n’était à craindre, beaucoup doutaient.

Prévu depuis plusieurs semaines, le concert tant attendu du pasteur et chantre Moïse Mbiye, se retrouvait donc en ballotage défavorable. Plusieurs voix se sont même levées pour demander son annulation. Un vœu exaucé par les autorités urbaines, avant un retournement de situation dans l’après-midi et le maintien du show par les autorités nationales. Après la petite tempête, l’heure était au calme, et l’artiste avait finalement le champ libre pour dérouler.

Débordement au stade, quelques couacs au passage !

Alors que les autorités, indécises, se demandaient s’il fallait annuler le concert ou non. Le public n’a pas attendu très longtemps pour affluer au stade. Déjà à 14 heures, il affichait complet. Et les gens continuaient d’investir les lieux. Tout le monde ou presque voulait prendre part au « concert du peuple ». Ce qui a causé un visible débordement. Les zones interdites au public ont été envahies sans concession.

Laissons le public, parlons du show lui-même. Tout a débuté par une première partie. Fade au début, ponctuée par quelques couacs techniques, elle s’est embrasée finalement quand Kratos beat, puis l’artiste Lumino avec son indémodable « Ndima », sont montés sur scène. Trêve de petits détails. Passons aux choses sérieuses.

Annoncé au départ à 17 heures, ce n’est qu’une heure plus tard que Moïse Mbiye est monté sur scène. De blanc vêtu, accompagné d’une armada de performeurs, l’artiste ne s’est pas fait prier pour mettre le feu aux poudres et embraser tout le stade. « O mérité, Héros, Tango nayé, Esimbi té, fidèle… », doté d’un riche registre, le chantre a fait le tour de son répertoire, et à chaque fois, le public l’accompagnait, avec joie et délectation.

Ce concert, était aussi un moment convivial. Une occasion parfaite pour les chrétiens d’afficher leur unité. Au-delà de quelques piques à peines voilées envoyées par le public au camp supposément adverse à celui qui était à l’honneur. Tout s’est passé dans une ambiance saine. Des chantres comme Simiane Tatu, Van Walesa, Frère Patrice Ngoy Musoko ont, tour à tour défilé sur scène, et presté aux côtés de Moïse Mbiye, au grand bonheur du public extatique.

À la fin du concert, rares étaient ceux qui se sont montrés déçus. « je n’oublierai pas ce moment d’adoration », a confié Prisca Munenga, fidèle d’une église de Limété, rencontrée à la sortie du stade.

Ému, Mathieu Kayembe, la vingtaine révolue, n’a pas non plus caché sa satisfaction, « c’était un concert historique. Des évènements pareils permettent aux gens de se défouler. Je suis heureux d’y avoir pris part », a-t-il déclaré.

Que retient on à l’issue d’un tel show, unique et haut en couleur ? « Beaucoup de choses », nous a confié Christian mukuna. « Malgré le son et la lumière qui n’ont pas vraiment été à la hauteur de l’évènement. Nous avons vus sa gloire, et avons été touchés par la grâce de Dieu. C’était spécial », a-t-il conclu.

En redescendant de la scène, Moïse Mbiye avait le sourire au coin des lèvres. Il savait qu’il venait d’entrer dans l’histoire. Dans la musique chrétienne congolaise, il est le premier à avoir relevé un tel défi. Son pari est gagné, l’artiste peut maintenant larguer les amarres ailleurs, pour conquérir d’autres scènes, celle de la ville qui l’a vu naître est désormais à ses pieds…

Écrit par :

Henock Kalala
Henock Kalala
Rédacteur Web, JRI

À LA UNE

ACTUALITÉS CONNEXES