Invités de marque, presse, critiques et passionnés de littérature étaient réunis ce lundi 31 mars dans le cadre soigné de Silikin Village pour le lancement du nouvel ouvrage de Matamba Lukasu. Intitulé « Africanie », avec pour sous-titre Comment je suis devenu Chef d’État, ce roman aux accents historiques est une fiction qui dépeint avec clarté le continent africain et les défis qui entravent son décollage.
Véritable metteur en scène, Matamba Lukasu nous plonge dans l’histoire d’un ancien enfant soldat devenu chef d’État d’un pays nommé République Lumumbiste du Kongo. Le contexte, purement africain, ravive la mémoire des heures sombres et tragiques du continent.
Au travers de son protagoniste, Fiston Bikila, l’auteur livre un récit sans fard, rappelant que la conquête et la conservation du pouvoir en Afrique relèvent souvent d’un périple marqué par le sang, la haine et des horreurs indicibles.

Pourquoi Africanie ? Par ses propres mots, Matamba Lukasu s’explique : « Parce qu’il est temps que l’Afrique raconte ses propres histoires comme jamais auparavant ». Et d’ajouter : « C’est aussi la manière dont se construisent et se déroulent les dynamiques de pouvoir en Afrique, souvent caractérisées par des dictatures déguisées en démocraties, des coups d’État et des manipulations politiques ».
Avec ses 180 pages, « Africanie » est une œuvre à lire absolument, non seulement pour la plume aiguisée de son auteur, mais surtout pour les thématiques qu’elle met en lumière. Talentueux et fidèle à lui-même, Matamba Lukasu nous offre une analyse d’une rare lucidité sur l’Afrique et ses paradoxes. Oui, comme le disaient les anciens, le temps est peut-être enfin venu pour que l’Afrique soit racontée par ses propres fils.

Artiste des mots et maître des nuances, Matamba Lukasu n’est plus à présenter sur la scène littéraire congolaise. Auteur de « À toi qui n’es pas comme moi (2012) » et de « À la recherche d’un moi perdu (2017) », il ne cesse de gagner en puissance et de creuser son sillon, malgré les contraintes et les exigences professionnelles. Avec « Africanie », il s’impose désormais comme l’une des voix les plus révolutionnaires de la RDC, transformant son art en tribune pour dénoncer les maux qui gangrènent la société.

