Dans le paysage congolais de la musique, il est notoirement connu comme un artiste qui n’a pas la langue dans sa poche. Et parfois, loin de lui attirer de nouveaux fans, son franc-parler provoque aussi l’ire des censeurs et décideurs qui se sentent visés et offensés.
Le dernier cas en date, c’est la convocation ce vendredi 12 février, du vieux briscard de la rumba congolaise, par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). Cet organe étatique chargé de la régulation des médias en RDC, reproche à Koffi Olomide sa dernière sortie médiatique sur les antennes de la chaîne nationale (RTNC).
En effet, reçu par le journaliste Jessy Kabasele, dans son émission «Le Panier the Morning Show», Koffi Olomide a répondu à une question qui lui était posée sur la situation qui sévit dans l’est de son pays, en des termes crus mais non sans une certaine consternation : « Il n’y a pas de guerre en RDC. Nous sommes tapés, on se fait gifler impunément sans vraiment riposter comme le font les autres », a t-il déclaré.

Cette séquence a tout de suite enflammé la toile, et plusieurs sont ceux qui dans l’opinion nationale, partagent le même ressenti que Koffi Olomide. Mais du côté de la censure, loin de prendre ceci pour un ras-le-bol d’un citoyen qui appelle ses compatriotes au sursaut d’orgueil, on estime que la sortie du légendaire Quadra Koraman vise à démobiliser les troupes engagées au front contre l’agresseur rwandais et ses supplétifs du M23.
Le CSAC va même jusqu’à accuser Koffi Olomide, « d’avoir tenu des propos de dénigrement et de démobilisation des troupes des FARDC engagées au front ». Dans l’opposition comme au sein de la société civile, plusieurs sont ceux qui, d’ores et déjà condamnent la position jugée liberticide du CSAC.

