Soutien indéfectible de la rébellion du M23, Kigali subit ces derniers jours une pression internationale croissante. Lors d’un point de presse tenu le 17 avril, le conseiller principal pour l’Afrique au département d’État américain, Massad Boulos, a exhorté Paul Kagame à « cesser tout soutien militaire au M23 et à retirer toutes ses troupes du territoire de la RDC ».
C’est dans un contexte de forte tension que cet émissaire américain a sommé Kigali de se retirer de l’Est congolais, occupé par les rebelles du M23, dont Kinshasa accuse ouvertement le régime rwandais d’assurer le soutien logistique et militaire.
Avant cette déclaration, Massad Boulos, ancien conseiller de Donald Trump pour l’Afrique, avait été reçu successivement par Félix Tshisekedi à Kinshasa et Paul Kagame à Kigali. Avec le chef de l’État congolais, les discussions ont notamment porté sur la possibilité de conclure, dans les prochains jours, un accord minier entre la RDC et les États-Unis, présenté par le diplomate comme un partenariat « gagnant-gagnant ».
Derrière ce regain d’intérêt américain, certains y voient une volonté de Washington de séduire Kinshasa afin d’écarter Pékin et de sécuriser l’accès aux ressources minières stratégiques congolaises.
Le moins que l’on puisse espérer, c’est que cette déclaration s’accompagne enfin de sanctions économiques concrètes contre le Rwanda, pour contraindre Paul Kagame et ses supplétifs du M23 à se retirer des territoires occupés, et ainsi espérer mettre fin à un conflit qui, depuis trois décennies, a déjà fait des millions de victimes.

