Ce jeudi 27 février, a été une journée noire pour la ville de Bukavu dans le Sud-Kivu. Deux explosions meurtrières ont frappé la ville, fauchant au moins dix vies et faisant des dizaines de blessés. Ce drame est survenu juste après le meeting de Corneille Nangaa, chef assumé de la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
Tout juste après ces explosions sanglantes qui, au-delà des morts, ont aussi fait plusieurs dizaines de blessés. Les condamnations et les questions fusent de partout. Et les belligérants s’accusent mutuellement. À qui profite le crime ?
Côté rebelles, l’État congolais est pointé du doigt. « Le bilan des victimes de l’attentat terroriste organisé par le régime de M. Tshisekedi à la place de l’Indépendance s’élève désormais à 13 morts et 72 blessés, dont des femmes et des enfants », accuse Bertrand Bisimwa, un des patrons du M23, sur le réseau social X. À Kigali, la version est la même.
À Kinshasa, c’est la sidération. Et une seule certitude : le M23 est coupable. « Il y a eu des explosions, mais aussi des tirs à bout portant. Qui a tiré ? Comment imaginer que le gouvernement soit derrière un tel acte ? », interroge Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement.
Dans un communiqué, la présidence congolaise dénonce un acte terroriste. « Le Président Félix Tshisekedi a appris avec peine la mort de plusieurs compatriotes et exprime sa solidarité avec les victimes. Il condamne fermement cet acte odieux, perpétré par une armée étrangère présente illégalement sur le sol congolais. », même son de cloche à la primature, où le M23 est une fois de plus pointé du doigt.
L’opposant Moïse Katumbi a fait également part de tout son regret : « Je dénonce avec la plus grande fermeté cet attentat aveugle contre la population réunie à Bukavu à l’invitation de l’AFC. L’utilisation d’engins explosifs au cœur d’une foule constitue un crime de guerre imprescriptible. Les responsables devront rendre des comptes. »
L’ancien gouverneur du Katanga exhorte le procureur de la CPI à se saisir du dossier, réclamant que « tous les coupables, quelle que soit leur origine, du pouvoir ou non, soient poursuivis et sanctionnés ».
Pour le moment, à moins qu’une enquête sérieuse et rigoureuse ne soit menée, la question du « qui » et du « pourquoi » restera en suspens, au grand dam des victimes et leurs proches apeurés.

