Fally Ipupa est-il le plus grand de tous ? (Chronique de Claustephy Mbuatas)

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La musique congolaise a une très grande histoire, mais permettez-moi de vous dire que Fally Ipupa est aujourd’hui à deux doigts de devenir le plus grand artiste musicien congolais de tous les temps, s’il ne l’est pas encore…

Avec son prochain album visant le public anglophone (qui reste aujourd’hui le plus grand terrain sur lequel la musique congolaise n’a jamais vraiment percé), Fally Ipupa est sur le point de faire ce que des musiciens comme Papa Wemba n’avaient pas réussi à réaliser.

Avec « Emotion (visant le monde anglophone) », Papa Wemba était visionnaire mais n’avait pas su capitaliser et imposer sa marque. Par exemple, pas une grande tournée USA/UK/Canada, pour faire la promotion de cet album qui aurait pu permettre à la RDC de décrocher un premier disque d’or aux USA.

Awilo Longomba, très populaire au Nigeria et dans les pays anglophones d’Afrique, n’a pas su travailler sa carrière. Awilo est une légende mais ce qui empêche qu’on le place au même rang des plus grands tels que Koffi Olomide, est qu’il était plus aléatoire. Idem pour Kanda Bongo Man et les autres musiciens congolais qui ont tenté le coup.

Des détails que Fally comprend davantage et qui lui permettent de faire mieux là où ses aînés avaient fait les premiers pas…

Voici 5 choses qui permettent à Fally Ipupa de faire mieux que Papa Wemba, Luambo Makiadi, Tabu Ley, Koffi Olomide et tous les autres :

La Fanbase : Au 21ème siècle, la force des artistes demeure dans leur capacité à créer une communauté qui les soutient inconditionnellement. Fally a créé avec les Warriors, l’une des plus grandes fanbases d’Afrique peut-être même plus engagée que les 30BG (de Davido) ou le Wizkid FC. À ce sujet, KS Bloom peut mieux témoigner sur ce que représente la pression des Warriors.

L’ouverture au monde : C’est depuis “Droit Chemin” que Fally fait sentir dans au moins un titre de chacun de ses albums des sonorités world et plus ouverts au monde. Une vision qui a pris de la forme depuis 2017 avec Tokooos 1 (5 artistes français, 1 américain, 1 belge et 1 nigérian), Tokooos 2 (8 français et 1 sénégalais) tout en gardant un côté authentiquement congolais (Control et Formule 7).

Un staff pro : L’artiste s’est imposé aujourd’hui comme une icône internationale de la musique francophone grâce à un staff incroyable ayant des équipes en France, au Cameroun et en Côte d’Ivoire par exemple. Pour son 3ème album world, visant le monde anglophone, il a rajouté au sein de son équipe Efe One (l’un des plus grands managers nigérians). Une manière de faire qui sous-entend que l’artiste ne veut pas improviser, mais s’associer aux gens qui maîtrisent le terrain. Alors que cet album arrive, Efe One n’a jamais cessé d’annoncer que Fally va se produire dans les plus grandes salles américaines pour la promotion de ce projet.

Une stratégie utilisée par les plus grandes stars anglophones, on l’a vu avec Burna Boy, Tyla ou encore Wizkid et Davido.

Les certifications : Fally Ipupa est le musicien congolais le plus certifié de tous les temps alors qu’il n’existe pas de certification de disque dans son propre pays. Il est allé les chercher en France et ça a marché. Grâce à sa signature au près du label discographique Elektra France (de Warner) qui fait le travail de distribuer sa musique et de suivre de près l’évolution de ses ventes depuis 2016, Fally empile les certifications. Il vient d’en recevoir 3 nouvelles (un disque d’or pour Formule 7, une première pour un album rumba et 2 singles d’or pour Likolo et Amore), certifiées par le CNM et le SNEP à l’export.

La conquête des plus grandes salles : Taylor Swift, Drake, Kanye West, Beyoncé et toutes les autres plus grandes stars de la musique mondiale demeurent iconiques puisqu’ils proposent des tournées dans les plus grandes salles de spectacle et sont des têtes d’affiches des plus grands festivals. C’est ce que Fally fait. Il va faire un double stade des Martyrs (100 milles personnes 2x), un stade de France (100 milles personnes) sans compter des productions nord-américaines (Madison Square Garden par exemple)… Des choses qu’aucun musicien congolais n’avait fait par le passé…

(Journaliste professionnel, Claustephy Mbuatas est aussi maître de cérémonie prolifique et conseiller en communication stratégique. Son éclectisme lui permet de surfer avec brio sur des sujets divers et variés.)

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