Kinshasa, le nouveau Far West !

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Depuis un moment, Kinshasa ne coule plus des jours paisibles. Outre les inondations qui l’ont frappée le week-end dernier, la ville est en proie à une insécurité grandissante. Les braquages sont devenus monnaie courante : des criminels armés attaquent cambistes, supermarchés et banques sans la moindre inquiétude.

Il suffit d’opposer une résistance pour se faire abattre. Ils tuent sans raison apparente, même après avoir tout pris. Ce sont eux qui dictent la loi, sous le regard impuissant des autorités.

L’absence inquiétante de l’État

Dans un pays où le chômage bat des records, le métier de cambiste est devenu pour beaucoup de Kinois un moyen de subsistance. Mais l’État congolais, débordé par les multiples crises qui rongent le pays, semble complètement dépassé. Incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens, il laisse le champ libre à ces criminels sans scrupule, qui ôtent des vies sans ciller.

Les braqueurs opèrent à toute heure : matin, midi ou soir, et parfois à visage découvert, se déplaçant à moto pour mieux échapper aux rares interventions policières.

Aucune commune n’est épargnée

De Bandal à Lingwala, en passant par Kasa-Vubu, Bumbu, Kalamu ou encore Ngaliema, les actes criminels se multiplient, parfois même en plein jour, instaurant un climat de peur généralisée.

Il y a deux mois, à Matete, une tentative de braquage dans un supermarché a viré au drame : un policier a été tué, plusieurs personnes blessées. Les images captées par les caméras de surveillance ont choqué l’opinion publique, poussant la population à exiger des mesures concrètes de la part des autorités locales.

À Bumbu, un jeune homme plein d’avenir a été froidement assassiné devant la prison centrale de Makala, à la fin du mois dernier, laissant derrière lui projets et espoirs. Les cas de meurtres sont fréquents. À Bandal, au tout début de l’année, un cambiste quadragénaire a été abattu en plein jour par un groupe armé.

Force est de constater que ces derniers mois, les braquages se sont banalisés à Kinshasa. Les criminels tuent, pillent et sèment la désolation, pendant que les autorités semblent impuissantes, voire absentes. Reste à espérer que les cris de détresse des familles endeuillées finiront par réveiller les consciences et pousser les dirigeants à rétablir un semblant d’ordre dans la capitale.

Écrit par :

Osée Mfumfu
Osée Mfumfu
Rédacteur Web, JRI

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