La censure congolaise sévit contre huit chaînes Canal+

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Jugées immorales, huit chaînes du bouquet Canal+ ont été suspendues en République démocratique du Congo, pour une durée de 45 jours renouvelables. Il s’agit de Canal+ POP, Canal+ Elles, E, SYFY, MTV, Canal+ ACTION, AB1 et Canal+ Cinéma. Cette décision du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a été prise au sortir d’une plénière tenue jeudi 19 décembre 2024.

Le régulateur de l’audiovisuel en RDC désapprouve la diffusion par Canal+, des programmes « immoraux conviant la jeunesse à une sexualité irresponsable ». Par cette résolution, il envisage « le maintien de l’ordre public et la perpétuité des bonnes mœurs » en RDC.

« Nous avions adressé une mise en demeure à Canal+, l’appelant à essayer de recadrer les choses, à faire une signalétique responsable qui tienne compte des réalités congolaises », a confié au micro de RFI, Serge N’Djibu, rapporteur adjoint du CSAC.

« Le centre de monitoring a noté qu’il n’y a pas eu aucune amélioration, c’est ce qui a conduit aujourd’hui le CSAC (à prendre cette mesure. C’est à Canal+ de prendre des dispositions pour limiter les dégâts, afin que l’esprit de la jeunesse congolaise ne soit pas pollué par ces programmes qui sont totalement offensifs », a-t-il ajouté.

Pour reprendre la diffusion de ces chaînes sur toute l’étendue du territoire national, la multinationale française du divertissement doit se conformer aux valeurs congolaises, tel qu’annoncé par le CSAC.

Le groupe audiovisuel français a déjà fait l’objet de censure en RDC. Il y a trois mois, la chaîne Canal+ Pop avait été suspendue, suite à la diffusion de la télé réalité The Bachelor malgré l’interdiction du CSAC.

Mécontent de cette résolution, Canal+ avait saisi le Conseil d’État pour la faire annuler, chose qui avait été faite. Mais cette décision judiciaire n’avait tout de même pas réjouit une partie de l’opinion nationale hostile à la diffusion de ce programme qui met en scène plusieurs femmes qui se battent pour conquérir le cœur d’un homme.

Écrit par :

Mervedie Mikanu
Mervedie Mikanu
Journaliste, Chroniqueuse

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