Il y a près de 10 ans, les Nations-Unies baptisaient le 28 mai, Journée Internationale de l’Hygiène Menstruelle. Le but était de briser les tabous au sujet des menstruations communément appelés règles et de sensibiliser les femmes, surtout les adolescentes sur l’importance d’une éducation sur l’hygiène menstruelle et de favoriser un accès gratuit aux produits hygiéniques de qualité, à l’eau potable et aux installations sanitaires nécessaires afin de protéger leur santé.
Bien qu’avoir ses règles soit un fait hormonal naturel et un signe de la reproduction chez la femme selon la biologie, en parler à un adulte reste sujet tabou ou de honte pour une grande partie d’adolescentes en République démocratique du Congo.
C’est le cas de Stella Muadi, élève de 3ème année à l’école le Marinette à Matete. « Avoir ses règles, c’est quelque chose de personnel et d’intime, ça me gêne par exemple de demander à mon père de m’acheter la serviette hygiénique », nous confie-t-elle
Tout comme sa collègue Muadi, Catherine Masengu, élève au sein de la même école, a du mal à se départir de sa honte quand il s’agit du même sujet, « moi j’ai même honte daller demander la serviette hygiénique au dispensaire de l’école, lorsque mes règles me brusquent, à la maison on en parlait au début lorsque j’ai eu mes règles pour la première fois maintenant que j’ai grandi ça me gêne d’en discuter même avec maman », relate l’écolière.
Maman Marthe, mère de deux filles et d’un garçon, rencontrée sur la route, pense « qu’il faut parler ouvertement sans tabou à nos filles et à nos garçons sur la menstruation pendant qu’ils atteignent leur puberté, les sensibiliser sur ce qu’il faut faire et ne pas faire ». « Aux garçons d’apporter leur soutien aux filles et de normaliser le fait par exemple de voir une fille à l’école tâcher sa jupe. Au lieu de se moquer, ils pourront l’aider à aller à la direction », suggère t-elle.
La gestion de l’hygiène menstruelle sous-tend l’utilisation des matériels propres pour l’absorption du sang menstruel qui peuvent être changés en privé, en sécurité, de façon hygiénique aussi souvent nécessaire jusqu’à la durée du cycle menstruel.
C'est la Journée Internationale de l'Hygiène Menstruelle 🩸🌸 Les règles ne devraient JAMAIS empêcher les filles d'aller à l'école ou de jouir de leurs droits.#MHDay2024 pic.twitter.com/qbVpY9BZOv
— UNICEF en RDC (@UNICEFDRC) May 28, 2024
Selon les experts, plusieurs défis sont encore à relever entre autres, les prix des serviettes hygiéniques qui varient selon les marques. En RDC, les moins coûteuses valent 2500 francs congolais soit près 1$. Celles qui n’ont pas les moyens de s’en procurer continuent encore de nos jours d’utiliser des étoffes d’habits moins hygiéniques.
Sur le plan médical, la mauvaise hygiène des règles peut entraîner des infections au niveau de l’appareil urinaire ou reproducteur de la fille, et quand cela est récurrent, elle peut-être la cause de l’infertilité chez la femme.

