Littérature : Hervey N’goma, poète revendiqué de la République

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De Boma à Kinshasa, Hervey N’goma a dû faire des sacrifices et des concessions, pour s’imposer dans le paysage poétique congolais. Retour sur le parcours de celui qui se fait appeler « Poète de la République ». Et dont la réputation ne fait que se répandre comme une traînée de poudre.

Né à Boma dans le Kongo central, loin de Kinshasa et de son boucan permanent. Hervey s’éprend très vite de la littérature. « J’ai grandi dans une ville portuaire, où on pouvait trouver n’importe quoi. Et moi, ce sont beaucoup plus les livres que je trouvais. Je les ramassais presque. Et je lisais tout ce que je trouvais », raconte-t-il d’entrée.

En lisant, Hervey se découvre une passion pour un genre bien particulier : la poésie. Cette passion va être mise à l’épreuve par une jeune dame, amour fugace de sa jeunesse. Un jour, mine de rien, elle demande à Hervey de lui écrire des poèmes. Réticent au départ, Hervey N’goma se lâche finalement. Se consacre totalement à cet art qui est devenu, au fil des années, son gagne-pain.

Dans son entourage, il est une célébrité que tout le monde connait et respecte. Et certains de ses proches estiment qu’il a trop de talent pour rester là, cloîtré dans sa zone de confort. « En 2012, un ami m’a suggéré de quitter Boma pour Kinshasa. À ses yeux, j’avais un immense talent. À Kin, j’allais avoir la possibilité d’émerger. J’ai accepté sa proposition. J’ai rejoint Kinshasa en 2013, dans le seul but de donner libre cours à ma carrière poétique », confie Hervey.

De simple passion à véritable gagne-pain !

Tout laisser, et parcourir près de 600 Km avec pour seul objectif : « faire de la poésie », et de surcroît, dans un pays où la profession d’écrivain n’est pas la plus convoitée, il faut du cran et une grande confiance en soi pour le faire. Et Hervey, en a heureusement, « J’ai beaucoup souffert. J’ai même dormi à des funérailles, dont je ne connaissais pas les défunts. Kin La belle, était devenue ma désillusion. Mais, j’ai tenu bon et résisté, c’est parfois ça le prix de la réussite », poursuit le poète.

À Kinshasa, entre souffrance, humiliations et mépris de certains. Hervey N’goma, tient bon, et continue de tracer son chemin. Il se fait connaître notamment à travers ses acrostiches qu’il réalise et dédie à de grandes personnalités du pays. « J’ai décidé de vivre de ma passion, d’en faire une profession. Jusque-là, tout va bien. Un jour, j’ai été reçu par le gouverneur de ma province, en ma qualité de poète », affirme-t-il fièrement. Une belle revanche sur la vie en tout cas.

Ascension et confirmation

Déjà auteur de deux recueils de poèmes. Son troisième, sorti en août 2023, « Cris de mes entrailles », est un délice qui se lit d’une traite. Compilation de ses poèmes écrits à partir de 2005. Il réunit textes intimistes, triés sur le volet, qui raconte avec nuance et profondeur, le vécu de l’auteur : ses amours, ses dérives, ses combats, son chagrin, ses pérégrinations et ses muses aussi.

Actuellement, dans le gratin des poètes congolais les plus respectés, Hervey N’goma une place de choix. Et, loin de se contenter de son succès personnel, il veut profiter de son aura, pour booster les autres et hisser encore plus haut la poésie dans la plus grande ville francophone du monde, Kinshasa.

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

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