Musique : « Classik » de Pson, un album à écouter et à faire écouter !

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Prestance increvable, voix mielleuse, maturité incroyable. Depuis ses débuts, Pson est un artiste qui subjugue. Doté d’un talent fou, il le sublime encore plus par sa capacité à jouer sur plusieurs tableaux, notamment en mélangeant des styles en apparence antinomiques. « Classik », son dernier album, est un cocktail détonnant, qui témoigne de l’éclectisme de ce jeune artiste prodigieux qui semble avoir tout pour lui.

11 titres, 11 cartes de visite distinctes dans l’univers artistique absolument fabuleux de ce touche à tout inclassable. Dans « Classik », Pson s’adonne à tout et le rendu est simplement captivant. Commençons par les arrangements et les prods : accompagné par une équipe ingénieuse, l’artiste nous offre 11 pépites mêlant rumba, RnB, afrobeat, ndombolo, Amapiano… qui méritent toutes d’être appréciées à juste titre.

Au niveau des thématiques : Pson assure, à la perfection d’ailleurs. Egrenons quelques titres et passons les rapidement au crible, histoire d’étayer nos affirmations et vous mettre l’eau à la bouche : Dans « Choc » par exemple, sur un groove délicieux, l’artiste nous parle d’amour, pas de façon creuse comme on en a l’habitude depuis un certain moment dans la rumba.

Non, « Choc » oppose l’amour à la peur. D’un côté, il y a le courtisan, qui veut juste passer du temps, prendre son pied, jouer comme on dit. De l’autre, il y a la courtisée, dont le cœur a été à plusieurs reprises déçu, et qui au fil du temps s’est endurci, au point de ne plus supporter des promesses sans lendemain. Les points étant mis sur les i, il ne reste plus qu’au courtisan de débarrasser le plancher, sur un camouflet. Totale Désillusion !

L’amour est aussi exploré dans « Déesse », cette créature divinement belle au déhanché diabolique qui fait perdre la tête à l’artiste, enfin bref, à l’auteur qui refuse d’écouter les conseils, même lorsqu’on lui dit qu’il n’est pas le seul à profiter de la grâce de cette Déesse dont on ne connait finalement pas la vraie histoire. Vaste étendue des cieux, ou fin fond des enfers ? En tout cas personne ne sait d’où est issue notre chère Déesse. Extrêmement poétique !

« Epayi Okeyi », une autre désillusion amoureuse sur un beat d’une profondeur méditative, est aussi un autre tour sorti tout droit du chapeau du magicien Pson. Et que dire de « Mère Malu » ? Beaucoup plus entraînant et léger, il évoque un nom et des sonorités qui ne sont pas inconnues des mélomanes qui s’abreuvent depuis toujours aux sources de la rumba, celle qui résiste à l’usure.

L’Amour servi, à souhait ou presque. Passons à autre chose avant de finir. Pson n’est pas de ces artistes qu’on cloisonne dans une case. Il a plusieurs cordes à son arc. Dans « Masolo », il revient sur les doutes du début. De ses proches bien-sûr, sa mère en particulier, qui ne voyait pas d’un bon œil que son fils fasse de la musique. Confiant en son talent, il a suivi sa voie sans broncher, et aujourd’hui, c’est tout le monde qui parle de lui. Une belle leçon de résilience !

« Pray », on place un mot ou vous l’avez déjà deviné ? En Lingala et en Swahili, sa langue originelle, l’artiste fait une prière, une de ces belles prières qui montent tout droit vers le créateur, auprès de qui, sur un fond sonore Amapiano, il confie tout ce qu’il a de précieux. N’est-ce pas génial et suffisant pour classer d’ores et déjà Classik parmi les meilleurs albums congolais de l’année, toutes catégories confondues ? S’il réussit à maintenir ce cap, Pson va très vite se retrouver dans la cour des grands. Il a quelque chose que les autres n’ont pas : un talent pur, au-dessus de la mêlée.

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

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