Il était le dernier survivant. De tous ceux qui avaient composé et participé à la mise en musique de la célèbre chanson « Indépendance Cha Cha », il était le seul encore en vie. Ce samedi 29 juin, Pierre Yantula a tiré sa révérence, laissant la musique congolaise orpheline d’un honorable fragment de son histoire.
Entre occupation de quelques pans du territoire national, deuil en cascade et crise généralisée, la République démocratique du Congo célèbre non sans pincement au cœur et mort dans l’âme, le 64e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale.
Comme si cela ne suffisait pas, le pays a perdu la veille, Pierre Yantula dit Petit Pierre. Percussionniste de talent, il avait participé en 1960 à l’enregistrement du célèbre opus « Indépendance Cha Cha », ode à la décolonisation congolaise, devenue l’hymne des indépendances africaines.
Né en 1941 à Kinshasa (Ex Léopoldville), Petit Pierre a évolué aux côtés des grandes figures de la musique congolaise de son époque. De Grand Kallé à Franco Luambo en passant par Tabu Ley, chacun a à une époque, sollicité les services du percussionniste.
« Les politiciens ont gagné les négociations politiques et nous, les musiciens, nous avons montré aux Européens que le Congo était déjà culturellement indépendant et que nous avions notre propre identité culturelle », déclarait il, en souvenir de son voyage avec l’African Jazz (orchestre qui avait composé « Indépendance Cha Cha »), à Bruxelles.

Avec la mort de Petit Pierre, « Indépendance Cha Cha » va poursuivre son chemin, mais seule désormais, sans aucun de ses compositeurs, aucun de ses pères. C’est une page de l’histoire culturelle de la RDC qui se tourne…

