Musique : Lelpam Madroga, trois ans sous terre, et toujours plein de souvenirs…

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Destin fulgurant, Lelpam Madroga, n’a eu besoin que de 32 ans de vie pour tout faire ou presque : conquérir les cœurs par son talent, se forger une réputation auprès des siens, et puis partir, sur un goût d’inachevé, le 05 mai 2021, des suites d’une courte maladie...

Parfois une seule annonce suffit pour provoquer une petite secousse tellurique. Mercredi 05 mai 2021, ce jour là, lorsque la nouvelle de son décès franchit le seuil de son quartier général à Kasangulu, dans son Kongo natal. C’est tout le monde qui est désemparé. Jeunes et vieux, personne n’en croit ses oreilles, le chagrin est dévastateur, à la mesure de la disparition. 2021-2024, il y a trois ans, le Kongo central perdait un des fleurons de sa modeste scène musicale, Lelpam Madroga, (Aristote Lendo Lusala à l’Etat civil).

Trois ans après, les siens continuent de se souvenir de lui. Et son ombre plane toujours sur ceux qui l’ont connu, côtoyé ou simplement admiré de loin.

Autrefois proche de l’artiste, Josaphat Kady, la vingtaine révolue, se souvient encore de la tragique annonce comme si c’était hier : « j’avais reçu la nouvelle ce jour là autour de 15h par le truchement d’un cousin. J’étais sous le choc. Je refusais d’y croire. Pour en avoir le cœur net, je me suis rendu à son QG, et j’ai trouvé des gens en larmes… j’étais désappointé », se souvient-il.

« C’est une blessure difficile à cicatriser. Il était sympa, bosseur et cumulard, j’appréciais tout ce qu’il faisait », confie Mike Lopoke, fan de l’artiste.

Si auprès des fans, le souvenir est toujours vivace, dans sa famille, le chagrin ne retombe pas. « Quand je pense à cette journée, je perds directement l’envie d’aimer ce monde, c’était un moment triste . D’ailleurs Chaque 5 mai, je ne sors pas, peu importe les circonstances, je reste à la maison pour lui rendre hommage. Ses précieux conseils sont les plus grands souvenirs que je garde de lui », déclare Gladys Massamba, jeune sœur de l’artiste.

Talent irréfutable, carrière éphémère

Du rap au reggae, en passant par les sonorités congolaises. Lelpam Madroga était un artiste éclectique qui s’adaptait à tout style et surprenait à chaque prestation. Chez lui à Kasangulu quand il se consacre à la musique, tout le monde l’encourage, parce que chacun sent qu’il a une avance sur les autres, et qu’il est né pour ça, avec ça.

Si pour mener à bien ses projets au début de sa carrière, il a été obligé de s’associer aux autres. La dislocation du groupe qui l’unissait à ses congères ne freine en rien ses ardeurs. Seul et libre juste après, il continue son ascension, enregistre des morceaux qui cartonnent et devient une star confirmée dans sa contrée.

Désireux de passer un cap, Lelpam Madroga, va mettre les voiles pour Kinshasa, capitale de tout en RDC. Kin lui réussit bien, parce qu’en mars 2021, il intègre le label « Jeunes Courageux » du rappeur et producteur Gaz Fabilous. Conquérant, Lelpam n’a qu’une idée en tête : étendre sa sphère d’influence, et devenir une star nationale.

Mais, l’artiste n’en aura pas l’occasion. Ce rêve ne se réalisera donc jamais. Une courte mais foudroyante maladie va avoir raison de lui, et l’emporter définitivement de l’autre côté du rideau. Laissant plus d’un sur un goût amer, un relent d’inachevé. Trois ans après son départ, plusieurs continuent de se souvenir de cet artiste doué, ce bon vivant, cette étoile filante qui s’est éteinte à l’instant où elle voulait véritablement s’enflammer.

Écrit par :

Osée Mfumfu
Osée Mfumfu
Rédacteur Web, JRI

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