Au-delà du talent indéniable et d’une technique affinée et affirmée qui portent bien sa grinta, et le distinguent des autres dans l’impitoyable univers congolais de la musique. Makhalba Malecheck est un artiste libre de parole, de ton, et de choix, dont la franchise et l’intelligence rendent insubmersible.
Je brûlais d’envie de parler de lui, et bien le contexte est parfaitement trouvé : la sortie de son dernier opus « Na tolo », entendez : (Sur ou avec la poitrine). Rythmé, entraînant, ce morceau illustre avec évidence l’état d’esprit de ce kickeur hors pair, qui plie la concurrence du côté de Brazzaville, et se frotte sans complexe aux autres pointures du continent.
Revenons d’abord brièvement sur la carrière de ce capitaine revendiqué de l’autre Congo qui semble invulnérable. Aussi curieux que cela puisse paraître, ce n’est pas chez lui à Brazzaville que Makhalba Malecheck, a fait ses premiers pas dans l’industrie musicale. Pour lui, tout a pris forme en 2009, à Casablanca au Maroc, où il avait élu domicile à une certaine période de sa vie de jeune africain en quête d’un meilleur destin.
En 2010, quand il se décide de rentrer chez lui au Congo, il sait déjà ce qu’il va y faire : la musique. Junior Serge Elion, pour l’état civile. Makhalba Malecheck, nom de scène, va très vite se mettre au travail. Sa voix imposante, son écriture captivante et son style incisif, lui font se démarquer des autres, et lui permettent de se tailler la part du lion à la fois sur la scène du rap, reggae et RnB de son pays. Son aura dépasse les frontières, et plus d’une décennie après, il est toujours là, résistant au temps et à ses épreuves.
Des hits, celui qui se fait appeler « Nzambe na bango », n’en manque pas. Mais parce que actualité oblige, on reste focus sur sa récente œuvre, « Na tolo ». Mélange des genres, mais d’une prédominance rap. Cette pépite destinée à devenir un tube, est un banger sur lequel l’artiste, aux allures d’haltérophile, règle ses comptes, et envoie des piques à peine voilées à ses haters.
Sans filtre, le rappeur célèbre sa longévité, et ne dissimule aucunement sa supériorité sur ses rivaux. Rivaux ? Est-ce d’ailleurs le terme approprié ? Pour le rappeur ça serait un impair de ma part, il se considère sans rival. Il joue dans la catégorie du dessus, avec pour seul adversaire son reflet… oui, l’humilité ne fait pas partie du vocabulaire de notre performeur infatigable.
« Na tolo », pour finir, est aussi, à travers son visuel qui met à l’honneur les muscles, un bel hommage du rappeur à son illustre mentor Kapo Kaporal, athlète de renom et maître du club de musculation Bulldozer, qui a été le premier à croire en lui à ses débuts.

