Plus de deux semaines déjà, depuis qu’est sorti « Platinium Vol2 », nouvel album de Koffi Olomide. Si cet opus n’est peut-être pas le plus abouti de l’artiste, il mérite tout de même qu’on y consacre du temps, car il pourrait bien être son ultime œuvre musicale grandeur nature, comme il l’a laissé lui-même entendre au cours d’une sortie médiatique.
Comment définir Koffi Olomide ? En effet, avec plus de 20 albums, une carrière frôlant la moitié du siècle, des réalisations à faire pâlir d’envie et un héritage infini, il est presque difficile de coller un qualificatif à ce genre d’artiste.
Pourtant, même s’il n’a plus rien à prouver, sa quête de perfection et d’éternité semble presque inaltérable. Et son dernier album, sa qualité et les petites surprises qu’il nous offre, prouvent à suffisance que Le vieux qui revendique une inusable jeunesse, en a encore beaucoup dans ses tripes, et qu’il détient le secret pour résister au temps et à son usure.

Après plusieurs auditions et passages en boucle. On peut dire que l’album « Platinium Vol2 » qui est la suite d’un autre « Légende », est un mélange, une fenêtre ouverte sur la carrière de l’immense artiste qu’il est. Chacun des titres raconte une histoire, et résume en fait l’homme, l’artiste, le maître à chanter, l’orfèvre qu’il a été, qu’il est et qu’il demeurera à jamais. Capable de tout faire, d’imprimer sa marque partout et de s’adapter à tout style.
Mélodiste pur jus, Koffi Olomide se livre avec passion dans cet album et donne le meilleur de lui-même, aux côtés de ses invités quand il est en featuring, ou plus encore quand il est accompagné sur certains titres par Cindy Le Cœur, sa plus fidèle alliée à la voix de fée, devenue au fil du temps sa compagne de vie.
Les performances de son orchestre « Quartier Latin », qui s’est rajeuni et enrichi, sont également remarquables. Les thèmes choisis, ne s’écartent pas de l’univers du vieux briscard de la rumba. Si la part belle est consacrée à l’amour, dans toute sa beauté, sa pureté et parfois sa laideur aussi. Le Quadra sait se montrer inventif et audacieux, et c’est d’ailleurs ce qui le maintient sur l’échiquier là où beaucoup de son âge ont baissé pavillon ou raccroché définitivement.
En featuring, avec ses cadets pour la plus part qui ne sont pas des maîtres incontestés de la rumba, Koffi Olomide s’adapte et s’élève à leur niveau pour faire du Koffi, mais dans la peau des plus jeunes. On peut ainsi admirer son timbre, son flow et son good vibe sur des titres comme Bébé en feat avec le rappeur français Kaaris, ou encore sur ses duos avec Soolking, Gradur, Gally Garvey et bien d’autres…
Avec ses 43 titres et sa diversité des sonorités, cet album, aussi pur, aussi mélodieux, aussi entraînant, est le reflet du savoir faire ingénieux de cet artiste de légende qu’est Koffi Olomide. Et puisqu’il est en train de partir, il est peut-être temps de le dire : pour réduire son influence et minimiser son apport à la culture congolaise, ses détracteurs mettent plus en lumière ses déboires que ses faits d’armes, oubliant que même les anges ont leurs démons aussi…
On ne le dira jamais assez, Koffi Olomide est insubmersible. Dans le paradis des monstres sacrés qui ont donné à la musique congolaise ses lettres de noblesse, qui l’ont propulsée dans une autre dimension, Le Quadra Koraman occupe une place bien à part. Et très peu sont ceux qui peuvent revendiquer le droit de s’approcher de sa table, oui l’approcher seulement, pas s’assoir autour d’elle !

