À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée du 1er au 7 août 2024 sous le thème « Combler les lacunes : soutien à l’allaitement pour tous », nous avons rencontré le Dr. Christenvie Phambu, médecin spécialiste en gynécologie obstétrique. En tant que professionnelle de la santé, elle accompagne les nouveau-nés et assure le suivi post-partum des mères pour veiller au bon développement de leurs enfants. Avec elle, nous avons abordé les enjeux cruciaux liés à l’alimentation des nourrissons de 0 à 6 mois.
Le thème de cette année met en lumière l’importance de l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois de vie, un geste essentiel pour la santé et le développement de l’enfant. Cependant, de nombreuses mères font encore face à divers obstacles à l’allaitement, qu’il s’agisse de pressions sociales, de manque de soutien ou de désinformation sur les alternatives alimentaires.
Pour Monalisa, 28 ans, mère d’un enfant de 4 mois, le lait maternel seul ne semble pas suffisant pour satisfaire la faim de son bébé. « Mon enfant ne se rassasie pas. Je lui donne toujours le biberon avec un peu de bouillie à midi parce que le lait seul ne lui suffit pas. Ma mère me l’a toujours recommandé par expérience », confie-t-elle.
Selon le Dr. Phambu, le lait maternel est bien plus qu’une simple source de nutrition ; c’est un élément vital pour le développement optimal des nourrissons. « Le lait maternel contient une combinaison parfaite de nutriments, d’anticorps et d’enzymes, conçue spécifiquement pour répondre aux besoins d’un bébé en pleine croissance », explique-t-elle.

« Introduire d’autres formes d’alimentation avant six mois peut être préjudiciable pour la santé de l’enfant. Les nouveau-nés ont un tube digestif fragile qui ne peut digérer correctement d’autres aliments que le lait maternel. Ces aliments peuvent détruire la flore intestinale de l’enfant, augmenter le risque d’infections et entraîner des problèmes de santé tels que la diarrhée et la déshydratation. »
Les conséquences d’une mauvaise alimentation à cet âge peuvent être multiples et graves. L’introduction prématurée d’aliments solides ou de substituts de lait maternel peut entraîner des carences nutritionnelles, perturber la digestion fragile du bébé et affaiblir son système immunitaire. De plus, les nourrissons qui ne bénéficient pas d’un allaitement exclusif sont plus exposés à des infections, des allergies et des maladies chroniques plus tard dans la vie.
La Semaine mondiale de l’allaitement maternel rappelle l’importance cruciale de protéger et de promouvoir l’allaitement exclusif, afin de garantir un départ sain et solide dans la vie de chaque enfant. Les efforts pour éduquer et sensibiliser le public doivent être intensifiés pour que toutes les mères et tous les enfants puissent bénéficier des bienfaits irremplaçables du lait maternel.
En République Démocratique du Congo, le Code de commercialisation des substituts du lait maternel (SLM) interdit strictement toute promotion des SLM, incluant les biberons, l’eau, les jus, les thés, les solutions de glucose, et les céréales. Aucune allégation relative à la nutrition ou à la santé ne peut figurer sur les étiquettes, et les images idéalisant les préparations pour nourrissons sont également proscrites.

