Théâtre : « Congo Jazz Band », une autre façon de restituer l’histoire

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Jeudi 03 et samedi 05 octobre. Le Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa a accueilli dans ses murs, la pièce théâtrale « Congo Jazz Band ». Magistralement présentée, cette création originale du dramaturge algérien Mohamed Kacimi, mise en scène par David-Minor Ilunga et proposée par le Théâtre du fleuve. Se penche sur près d’un siècle d’histoire mêlée de tragédie et d’incompréhension, qui unit inextricablement le Congo et la Belgique.

La particularité de « Congo Jazz Band » est que cette pièce théâtrale, loin de durcir le ton et choquer les sensibilités, elle restitue avec délicatesse et simplicité, une histoire souvent tabou, qui implique la responsabilité tragique de la Belgique dans la colonisation de la RDC. Au-delà de cette histoire qui questionne les rôles des acteurs clés liés à cette époque. « Congo Jazz Band », met aussi en évidence une réalité qui a toujours été reliée au Congo : la musique et son trait unificateur au sein de la société.

L’intrigue est construite autour de 3 grandes étapes : la première met en scène le roi Léopold II de la Belgique, hanté par une seule idée : avoir lui aussi sa colonie, comme d’autres grands souverains d’Europe. Ayant entendu parler d’Henry Morton Stanley et ses faits d’armes en Afrique. Le roi convoque l’explorateur, et lui fait part de ses intentions de s’approprier le Congo, cet immense territoire perdu au cœur de l’Afrique centrale.

Avec brio, Stanley va assouvir le désir du roi des Belges qui va s’accaparer le Congo et y régner en maitre sans y avoir mis les pieds jusqu’en 1908, lorsque mort dans l’âme et acculé par les critiques, le roi est obligé de céder sa propriété privée à la Belgique.

La deuxième étape revisite la colonisation belge sur le Congo. Elle questionne les faits et les méfaits de l’empire colonial qui va se servir de sa colonie comme d’une vache à lait pendant plus de 50 ans. Après l’ivoire et le caoutchouc qui ont rendu Léopold II immensément riche. C’était au tour du sous-sol congolais de rendre riche toute la Belgique. D’ailleurs qui ne connait pas le rôle déterminant de l’Uranium congolais pendant les deux guerres mondiales ?

La troisième intrigue est tissée autour de la période post-coloniale. Décidé de se défaire du joug colonial, le Congo va gagner la bataille en 1960. La Belgique accorde l’indépendance au Congo, mais elle n’entend pas partir, le Congo est très riche pour le laisser entre les mains de quelques cadres seulement. Il risque de basculer du mauvais côté. Mais un personnage, Patrice Emery Lumumba, ne l’entend pas de cette oreille, il veut l’indépendance totale de son peuple.

Cette détermination, va coûter la vie à Lumumba, qui va mourir assassiné un an plus tard, dans des circonstances hautement tragiques. Et c’est d’ailleurs autour de Lumumba ressuscité d’outre-tombe, que les acteurs vont focaliser la trame de leur dernière partie de l’histoire. Une narration plaisante qui appelle à la réflexion et à l’introspection.

Lumière savamment orchestrée, rôles incarnés à la perfection par 4 talentueux acteurs : David-Minor Ilunga, Tinah Way, Noël Kitenge et Jonathan Buba. Accompagnés par trois géniales instrumentistes : Sophia Tshimbuka, Bobette Tenga Nsimba, Huguette Kitenge. « Congo Jazz Band », a pendant ces deux jours de présentation, récolté un succès amplement mérité auprès du public présent dans la salle.

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

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