À l’initiative de Balobaki Check, un réseau de Fact-checkers voit le jour en RDC

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Depuis 2019, le monde célèbre, chaque 2 avril, la Journée internationale du fact-checking, une pratique visant à démêler le vrai du faux. À Kinshasa, l’occasion de cette date, le Collectif des Fact-checkers de la RDC a été officiellement lancé, au cours d’une activité organisée à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC, ex-IFASIC), la plus grande école de journalisme du pays.

Pour un bref aperçu, ces trois dernières années, plus de 200 journalistes ont été formés par Balobaki Check, média spécialisé dans le fact-checking, initié par la journaliste Ange Kasongo. Désormais, grâce au Collectif officiellement mis en place, ils vont, avec les acteurs de la société civile, unir leurs forces pour mener une action concertée contre l’un des fléaux les plus redoutables de notre époque : la désinformation.

Pendant près de deux heures, étudiants, chercheurs, journalistes et acteurs de la société civile ont été sensibilisés sur l’urgence de la mise en place d’un tel réseau. Fondatrice de Balobaki Check, Ange Kasongo, qui a formé plusieurs journalistes à Kinshasa et dans d’autres villes du pays au fact-checking, a confié avoir remarqué que « l’engagement des formés ne dépasse souvent pas le cadre des sessions ». D’où la nécessité, selon elle, « de créer un réseau pour assurer la continuité de cette dynamique ».

Dans le contexte actuel, où la crise sécuritaire accentue la désinformation et la propagation de discours haineux sur les réseaux sociaux, Ange Kasongo insiste : « Nous devons unir nos ressources et mener une action concertée. C’est aux citoyens engagés et aux journalistes sensibilisés d’éclairer l’opinion ».

La rigueur et la transparence, seules armes pour se démarquer

Professeure en sciences de l’information et de la communication, Madeleine Mbongo Mpasi a appelé les journalistes à repenser leur métier : « Dans un monde où l’information n’est plus le monopole des journalistes, seules la rigueur et la transparence permettront de se distinguer. Le journalisme est un métier noble, encore plus noble lorsqu’il est pratiqué avec excellence », a-t-elle renchéri, tout en félicitant la naissance du Collectif.

Pour assurer sa pérennité, le réseau mise sur l’énergie et l’innovation des jeunes, qui représentent plus de 60 % de la population congolaise. Le combat contre la désinformation s’annonce long, mais en faisant de l’éducation aux médias son cheval de bataille, le Collectif des Fact-checkers de la RDC entend changer la donne et améliorer la qualité du débat public. À l’issue de l’activité, une trentaine de membres ont signé la charte et rejoint officiellement le combat.

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

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