Ce vendredi 25 avril, à Washington, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe ont signé une déclaration de principes, première étape vers un accord de paix attendu sauf revirement le 2 mai prochain.
Dans ce document, on note parmi les engagements-clés : la reconnaissance mutuelle de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, un point très sensible. En effet, Kinshasa accuse Kigali de violer l’intangibilité de son territoire depuis la résurgence du M23.
Plusieurs rapports de l’ONU ont rapporté qu’au moins 4 000 soldats rwandais étaient présents aux côtés des rebelles dans l’est de la RDC depuis la reprise des combats, faits que Kigali a toujours démenti. Par ailleurs, le Rwanda lui reproche à l’armée congolaise (FARDC) de soutenir les FDLR, groupe armé hostile, et rappelle avoir subi plus de trente attaques depuis 1997.
Le texte engage également les deux États à cesser tout soutien aux groupes armés non étatiques l’AFC/M23 pour le Rwanda, les FDLR pour la RDC, selon les observateurs.
Un autre point : la coopération économique et minière. Kigali et Kinshasa veulent encadrer l’exploitation des ressources, renforcer la transparence et attirer les investissements, notamment américains, pour dynamiser l’économie régionale.
La déclaration prévoit aussi de faciliter le retour des déplacés et réfugiés, dont les 100 000 Congolais actuellement au Rwanda. Si la RDC semble tirer profit des garanties sur l’intégrité territoriale et la fin du soutien aux groupes armés, Kigali, lui, mise sur l’économie. Déjà en avance dans la transformation des minerais avec une fonderie d’étain, une raffinerie d’or et de tantale, le Rwanda pourrait conforter sa position dans la région.

