Pour revenir brièvement sur l’exécution de la peine de mort des délinquants urbains de Kinshasa, il faut avoir à l’esprit que plus de 60% de la population congolaise a moins de 20 ans, une moyenne d’âge nationale de 16 ans.
L’action publique, le discours politique comme les différents projets de l’Etat ne prennent pas en compte cette donnée, qui est le fait social majeur de ce pays, et donc ce avec quoi on devrait élaborer des politiques. C’est en cela aussi que les propos du ministre de la justice Mutamba sont accablants.
Une partie de ces jeunes gens dont on ne fait rien, pour qui on ne fait rien, a trouvé dans la délinquance une perspective, ce qui est en soi problématique, et la réaction du gouvernement est : ‘’on va vous massacrer !’’ Cela intervient à un moment où des voix se lèvent partout en Afrique pour revendiquer le respect du reste du monde.
Mais, des autorités étatiques comme celles-ci sont-elles vraiment respectables ? Et puisque cette délinquance fait des ravages réels, l’appel au massacre trouve des échos auprès d’une partie de la population et le sang devient un exutoire pour la paresse intellectuelle, la prévarication politique et le désordre.
Une symbolique très forte, ces jeunes gens ont été exposés en face du nouveau Centre Culturel d’Afrique Centrale qui a rejoint le parlement, le stade des martyrs, le musée national et d’autres bâtiments imposants sur la ligne de séparation qui tient les quartiers populaires à bonne distance du centre huppé (et cœur du pouvoir) de la Gombe.
Ce centre culturel a été pensé par Damien Pwono, son initiateur de vénérable mémoire, comme un lieu de rencontre et de dépassement de tout conditionnement.

