Concert : Prometteur et talentueux, le collectif Trokadero embrase la scène de la Halle de la Gombe !

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Quoi de mieux qu’une salve de mots mis en musique, pour clore une journée riche en intellections ? La soirée du vendredi 05 juillet s’est avérée complète en activités à l’Institut Français de Kinshasa. Entre forum, échange et réseautage, le pic a indiscutablement été le concert Slam et Rap organisé par Initiative Construire Ensemble, auquel a pris part le collectif Trokadero.

Devant un public homogène et totalement décomplexé, les artistes ont offert un appréciable spectacle, aussi musical que poétique, oscillant entre slam et hip-hop.

En parlant de slam, c’est la jeune artiste Benk qui a été la première à lancer les hostilités. Dotée d’un bon punch et d’une écriture efficace, elle s’est livrée avec adresse à l’éloge imparable de la féminité. Au-delà de l’ode au charme, à la vaillance et l’héroïsme féminin, son message s’est révélé être un appel au réveil, à l’éveil et à la prise de conscience lancé à la gente féminine.

La jeune slameuse s’est voulue aussi conciliante, en vouant un culte à l’unité et la solidarité entre africains, entre congolais, malgré les différences qui nous séparent, et les problèmes indescriptibles qui nous déchirent de part en part. Sans se départir de son optimisme, l’artiste s’est tout de même questionnée sur un sujet qui a toujours déchaîné les passions : la richesse du Congo.

À qui profite t-elle ? « ce pays, on en dit tout le bien, mais jamais on ne vit ce bien. Que faire, quoi faire ? Sommes-nous voués aux gémonies ? On crie au secours, personne pour nous venir en aide. Les dieux détournent le regard, les enfers se déchaînent sur nous infiniment… », fredonne mélancoliquement Benk.

Juste après Benk, c’était le tour d’une autre talentueuse slameuse de faire voyager le public. Muntu la Zemeusla s’est montrée elle solaire, énergétique et sans filtre sur la scène, enchaînant textes poétiques et piques subtiles. Tout en s’interrogeant sur le « Kilelo (le temps présent en lingala) », Muntu qui, il faut le souligner n’est pas du tout réfractaire au changement, appelle les jeunes de sa génération à la mesure. Tout est permis mais tout nous est-il vraiment utile ? Se questionne t-elle en toile de fond.

Le slam, disent certains, c’est l’art destiné à l’élite. Et c’est pour réparer cette injustice, que le rap a été créé. Plus populaire et souvent libre et libertaire, il emballe facilement les masses et électrise rapidement la foule. Et c’est exactement par le rap, que la soirée du vendredi s’est enflammée. Tout le mérite revient au collectif Trokadero.

Avec sa pléiade de jeunes stars en pleine maturation, le collectif Trokadero a embrasé la scène de la halle de la Gombe, avec un show qui n’a laissé personne indifférent. Accompagnés d’une magnifique DJ, les rappeurs Young Baguerra, B Grâce et Shii ont mis le feu aux poudres et fait parler leur technique à la fois simple et hard, au grand bonheur du public venu assister à ce magnifique concert, qui s’est achevée dans une ambiance euphorique.

Ce samedi, Initiative Construire Ensemble pose ses valises à l’Université de Kinshasa, pour de nouvelles activités toutes aussi enrichissantes et passionnantes pour la jeunesse.

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

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