C’est l’un des évènements artistiques de cette fin du mois de juin en RDC. Samedi 23 juin dernier, est intervenu le vernissage de l’exposition DRC Contempo. Organisée par Kub’art autour du thème : «Traductions vivantes , expressionnisme de demain : regard nouveau sur les racines culturelles congolaises». Cette expo s’établit comme une tribune d’expression libre qui laisse les artistes faire parler leur art.
De manière remarquable, 12 artistes congolais et un canadien ont transformé l’espace du Musée national congolais en une impressionnante galerie, où se donnent à voir et à apprécier de riches et diverses créations artistiques, mêlant arts visuels et arts vivants.
Commissaire de l’événement, Yann Kwete, a déploré le fait que le pays ait perdu ses racines. Pour ce, il a estimé qu’il était «important de redynamiser la scène contemporaine à Kinshasa en créant des évènements pareils» afin de promouvoir les potentialités créatives du pays et pousser le public à acquérir des œuvres.
Dans ce cadre, chaque artiste plonge, à travers sa touche, dans un monde où les frontières de l’expression artistique sont repoussées, où chaque œuvre raconte une histoire, et où chaque détail est une révélation.
Mustache Kuranya, Guest-artiste photographe, met en lumière dans un tableau exposé, un jeune bésiclard, papaye entre mains et dont le regard est ailleurs. A travers cette création, il se questionne sur le sort de la reconstruction du pays, si tout le monde voudrait vivre en Europe, voire aux USA ? «Il ne faut pas compter sur l’Europe», conseille cet artiste qui a exposé au pays trois ans après son pèlerinage.
«Il est temps maintenant qu’on ait le potentiel dans la main et qu’on travaille sur nous. Je crois qu’on va être redoré comme à l’époque du Zaïre, comme à l’époque du royaume Kongo», renchérit l’artiste.

Willy Mossette, s’est affiché lui en prophète. À travers une fresque qu’il a achevée en 2019, il évoque les mystères de la pandémie de Covid-19 avant son ampleur dont les dessous des cartes seraient cachées aux noirs africains.
«Je parlais du covid de manière prophétique en 2015 pendant que le COVID n’était pas encore là. Si vous voyez Édit du Roy, c’est le code noir c’est-à-dire la vie, le destin d’un homme noir a déjà été scellé puisque comme qui dirait, si tu veux cacher la vérité à un noir il faut le mettre dans un livre», a-t-il déclaré.

Après le Musée, le second vernissage se déroulera jeudi prochain à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa. Les artistes vont une nouvelle fois se réinventer et proposer au public de nouvelles créations toutes aussi pleines de messages enrichissants. L’exposition DRC Contempo va s’etendre jusqu’au 15 juillet prochain, et chacun y est convié.

