Pour tous ces cadavres piétinés par ces cœurs méphistophéliques. Pour tous ces sangs ruisselant comme une eau sans maître, pour toutes ces souffrances d’un peuple déchiré par la guerre, ce geste-là est fort.
Deux doigts sur la tempe, une main sur la bouche, larmes aux yeux, tel est le visage de Marcelat Sakobi, après avoir été éliminée dans un combat de boxe très serré en 16èmes de finale des Jeux Olympiques de Paris, mardi 30 juillet.
Ce geste, adopté par tout un peuple, est devenu le symbole d’une nation en manque d’aide, abandonnée à son triste sort.
Un seul mot : Tristesse. Elle voulait rendre fier tout un peuple en remportant une médaille d’or. Il suffit d’imaginer cette vallée silencieuse des « oubliés de Dieu » pour comprendre la motivation de cette athlète congolaise. Son message est passé : « On tue en République démocratique du Congo mais vous gardez le silence ».
Au cœur du tumulte de l’existence, elle aspirait à faire résonner l’écho déchirant de son peuple déshumanisé. Marcelat Sakobi, armée de poings serrés et d’une bravoure indomptable, s’était engagée dans la lutte pour une cause transcendante, bien au-delà de la simple renommée. Chaque impact, chaque mouvement esquivé, était imprégné des rêves et des souffrances de millions de ses frères et sœurs.
Au milieu de cette douleur, la victoire était l’objectif premier de cette athlète qui voulait faire passer son message de la plus belle des manières, avec une médaille en or.
Hélas, la boxeuse congolaise Marcelat Sakobi est tombée face à l’Ouzbèke Sitora Turdibekova (2-3) sur décision des juges, dans la catégorie des -57 kg.
Jusqu’à quand le monde fermera-t-il ses yeux sur ce qui se passe dans l’Est de la République démocratique du Congo ?
Ses larmes, mêlées de sueur et de douleur, coulent comme un ruisseau intarissable, portant en lui les cris étouffés d’une nation. Pour tous ces corps inertes, pour tout ce sang versé en République démocratique du Congo, pour toutes ces âmes brisées, ce geste-là est fort.
Plus qu’un symbole, il est le reflet d’une tragédie oubliée, d’un peuple qui espère encore, malgré tout, que quelqu’un, quelque part, daignera entendre leur appel.
En Marcelat Sakobi, la RDC a découvert une voix, une héroïne qui, malgré l’échec, a mené un combat bien plus expressif, plus héroïque dépassant les frontières du seul ring. Un combat pour la dignité et la justice de son peuple. Ce geste, à la fois humble et riche de signification, demeure ancré dans les âmes comme un écho perpétuel de la souffrance et de la résilience d’une nation.

