« Elle était dévouée à Dieu et avait la passion pour son œuvre… »

Partager sur :

En 2009 quand il rejoint le groupe, il n’est qu’un jeune écolier qui sait bien jouer à plusieurs instruments. Très vite, telles de grandes sœurs, (les Kunda), Lucie en particulier, va l’adopter, le coacher, lui inculquer la culture musicale chrétienne… à travers ce post et pour Sensationnel243, Sylvestre Muzang, pianiste du groupe désormais au Canada, se souvient de Lucie Kunda et rend hommage à la « grande sœur ».

Voix cassée, tristesse qui se ressent au premier abord. Mardi 09 Avril, soit deux jours après la nouvelle du décès de Lucie Kunda, quand je parviens à joindre Sylvestre dans la soirée, c’est un homme abattu par le chagrin, que j’ai à l’autre bout du fil : « lorsque j’ai appris la nouvelle de la mort de ya Lucie, je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai pleuré amèrement. Elle était une grande sœur, une amie, une conseillère. Bref, quelqu’un de bien », me confie t-il.

« Quand j’ai intégré le groupe en tant qu’instrumentiste, j’étais jeune, sans expérience. Ya Lucie Kunda m’a mis en confiance, elle m’a adopté, a fait en sorte que je me sente bien, à ma place. On a cheminé ensemble, j’ai beaucoup appris auprès d’elle, j’ai grandi à ses côtés », se souvient le chantre.

Comment parler d’un mort aux vivants qui ne l’ont pas si bien connu ? Marqué par le chagrin, Sylvestre ne cherche pas ses mots, ils viennent d’eux-mêmes : « Ya Lucie était une personne généreuse et humble, qui ne courait jamais après la célébrité. Toujours à l’écoute, et d’une réputation irréprochable, elle n’était pas obnubilée par l’argent. Elle était une véritable servante de Dieu », poursuit-il, au bord des larmes.

« D’une voix fantastique, d’une inspiration profonde. Artistiquement parlant, elle était le chef d’orchestre. La plupart des morceaux du groupe, c’est elle qui les composait. Elle portait le groupe, le sublimait par son talent, et survolait les débats », tranche avec nostalgie l’artiste.

Sa disparition pour Sylvestre, « est une immense perte pour l’église. L’univers musical chrétien a perdu une de ses grandes inspirations. Beaucoup sont ces jeunes artistes qui ont été guidés par ya Lucie ».

Lucie Kunda a traversé le gospel congolais comme un métronome. Pendant plus de 30 ans, avec sa sœur Péguy, mais également sa cousine Elie, elles ont formé un prolifique trio, les « Kunda sisters ». Ensemble, elles ont servi Dieu avec piété. À travers leur art, elles ont inspiré des générations entières. Sa disparition dans la nuit du 7 avril à Kinshasa, prive le groupe de sa taulière.

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

À LA UNE

ACTUALITÉS CONNEXES