Iconique était déjà sa carrière. Mais tel un perfectionniste, un magicien infatigable qui trouve dans ses succès antérieurs les raisons de se surpasser pour toujours donner le meilleur de lui-même. Et dont la force repose dans la suavité de la voix, la méticulosité de ses choix, et son goût exercé pour l’éclectisme. Fally Ipupa, « Aigle », comme ses fans affectionnent l’appeler, est revenu à la charge ce 16 décembre 2022, avec Formule 7, un opus qui a tous les ingrédients pour entrer dans l’histoire !
Parfait retour aux origines, cet un album purement rumba, le septième du natif de Bandal en solo. Est riche en sonorités, en mélodies, en allusions et beaux clins d’œil, en Mabanga (Dédicaces) aussi, quitte à confirmer le célèbre dicton selon lequel « plus ça prend de l’âge, plus c’est ragoûtant ! ».
Pour sa septième merveille artistique qui compte au total 31 titres dont un seul featuring avec la plus congolaise de tous les Camerounais, « Charlotte Dipanda ». Fally Ipupa puise dans plusieurs registres à la fois, notamment au niveau des prods où on peut avec surprise découvrir des références à la musique traditionnelle congolaise, comme sur le titre Disqualifié à son début où l’artiste convoque et ressuscite par le rythme, la regrettée Reine de Mutuashi (Tshiala Muana).

Toujours sur le même élan, l’artiste fait revivre Franco Luambo Makiadi, un des grands noms de la musique congolaise, à travers un bel hommage sur le titre Lady D où l’instru renvoie au célèbre titre Mario de celui qu’on surnommait « Grand Maître ».
Traînant avec lui la réputation sulfureuse de serial lover et chantre princier de l’amour, Fally Ipupa ne déroge pas à la règle. Dans son nouvel album, l’amour reste le maître mot : l’amour passion, l’amour addiction, l’amour comme source de maux parfois, mais surtout l’amour comme thérapie aux sévices et vicissitudes de la vie.
L’artiste nous offre une diversité de textes, tendres, classiques, languissants et voire enflammés, comme sur le générique qui porte le même nom que l’album. Il alterne entre le français et le lingala ( la plus belle langue du monde), le tout magnifié par sa belle voix qui ne saurait laisser personne indifférent. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’album est à écouter, à réécouter, et absolument à faire écouter !
(Publié pour la première fois le 16 décembre 2022, à la sortie de l’album. Cet article a été mis à jour ce 17 décembre 2024, pour célébrer les deux ans de l’opus.)

