Il faut les voir sur scène pour comprendre ce qu’ils dégagent : une énergie brute, une passion vive, une quête constante de perfection. Le 4 octobre dernier, à la résidence de l’Ambassade d’Espagne à Kinshasa, le Théâtre du Fleuve était sur scène pour lancer la Semaine culturelle espagnole. Je vous fais un récap.
Comme toujours, c’était un véritable régal. Pendant plus d’une heure, une dizaine de comédiens, conduits magistralement par Tinah Way, qui assurait la mise en espace de la lecture-spectacle, ont déployé leurs ailes autour de « Fuenteovejuna », l’une des œuvres les plus célèbres du dramaturge espagnol Lope de Vega, publiée pour la première fois à Madrid en 1619.

La pièce raconte la révolte d’un village opprimé par un seigneur méprisant, violent et dénué d’honneur, qui, par abus de pouvoir, s’autorise tous les crimes, jusqu’à violer les jeunes filles avant leur mariage.
Tout en respectant l’esprit de l’originale, David-Minor Ilunga, figure de proue du Théâtre du Fleuve, a brillamment su adapter cette œuvre à un contexte africain, congolais précisément, sans en altérer l’universalité. L’essence du message reste intacte : quand un peuple est poussé à bout, il finit par dire non, par se lever, briser ses chaînes et reconquérir sa dignité, parfois au prix du sang de son bourreau.
À la fin du spectacle, le verdict est resté le même : avec une telle troupe et autant de talents, le Théâtre du Fleuve s’impose aujourd’hui comme l’un des fers de lance d’un art majeur qui retrouve peu à peu ses marques à Kinshasa, malgré la précarité du secteur culturel en RDC. Chapeau aux maestros pour chaque moment de grâce qu’ils offrent au public.

