L’espace Malamu a accueilli, jeudi 14 novembre, un contingent de panels du forum Makutano axés sur les industries culturelles et créatives en RDC. Directeur général de l’Académie de Beaux-arts, Henri Kalama a brossé les maux qui gangrènent le marché contemporain de l’art africain, avant de solliciter l’incubation et l’implication de Makutano pour soutenir des projets artistiques.
« Je vais juste dire que l’enjeu ici est financier. Je voudrais m’adresser au Makutano qui doit être un incubateur, réunissant les hommes et femmes riches d’une très bonne classe moyenne, qui doivent servir d’incubateurs pour deux raisons : raison financière et le nous, c’est-à-dire une corde solidariste identitaire qu’on voit chez les sud-africains, chez les nigérians », a-t-il déclaré lors du dernier panel évocateur des défis et opportunités de l’art contemporain.
Le professeur Henri Kalama a décrié, « l’inexistence des marchés internes d’art contemporain en RDC ». Pour cela, il a montré l’intérêt de copier le modèle chinois, « en créant un marché international interne dicté par des œuvres d’art critiques, lequel marché qui correspondrait aux cours et à l’éducation endogènes de la nation », a-t-il proposé.

Il a ainsi vanté les prouesses de son établissement qui met la main à la pâte pour tant bien que mal pallier ces problèmes, qui nuisent à l’art contemporain et à ses auteurs en RDC. « Nous en tant qu’école d’art, le mérite que nous avons aujourd’hui c’est d’avoir reconstruit ce qui était une académie sans académisme. »
Et d’expliquer, « parce qu’avec un académisme, on produit des œuvres qui sont décalés, c’est-t-à dire qui font appel à l’esprit critique. Nous travaillons sur des tableaux pour lesquels les étudiants veulent produire un travail qui correspond presque aux œuvres qui se sont imposées comme des arts critiques. »

Henri Kalama a profité de l’occasion pour recommander aux enseignants d’inculquer un esprit critique dans leurs enseignements afin d’amener « les étudiants à suivre leur voie et à répondre à la question du pourquoi dans leurs productions académiques ou professionnelles ».

