La RDC traverse l’une des pires crises de son histoire. Chaque jour, dans l’est du pays, sous les assauts répétés et meurtriers des rebelles du M23, appuyés par l’armée rwandaise. Des villes tombent comme des fruits mûrs… Et comme souvent quand le présent n’est pas reluisant, naturellement, l’être humain se tourne vers son passé, lui trouve des circonstances atténuantes, pour tenter de consoler son mal être. Le prodigieux MKadima ne déroge pas à cette règle.
Dans son dernier dessin accompagné d’un texte interpellateur, presque nostalgique. Le peintre ressuscite le Maréchal Mobutu, quand il était au sommet de sa gloire, de sa folie aussi. Le diagnostic ou le verdict de l’artiste MKadima est sans appel : l’époque Mobutu était la meilleure, et son régime politique celui qui convenait le mieux à la RDC.
D’entrée de jeu, l’artiste déclare : « Je préfère mille fois le système dictatorial de Mobutu à la démocratie qui nous mène droit dans le mur. Mobutu était un sanguinaire, certes, mais il imposait l’ordre et la discipline à l’intérieur du pays tout en instaurant le respect du Zaïre dans la région. On nous avait menti en nous incitant à le haïr, sous prétexte qu’il était un dictateur et que la démocratie nous sauverait. Mais 28 ans après son départ, nous comprenons qu’il était un visionnaire qui avait saisi que chaque peuple avance selon ses propres méthodes. »
Et d’ajouter « On nous avait fait croire que le parti unique de Mobutu était une dictature, mais aujourd’hui, nous réalisons qu’avec un seul parti, nous formions un seul bloc. Il n’y avait pas de divisions ethniques exacerbées : nous étions une seule grande famille unie derrière notre unique leader. Lorsqu’un de nous était attaqué, tout le monde était concerné, qu’il soit Mumbala, Munande, Mungala ou Muluba. Nous faisions partie d’une même nation rassemblée derrière notre père, Mobutu. »
« Aujourd’hui, avec la démocratie, nous avons 800 partis politiques qui fragmentent nos 450 tribus en petits groupes insignifiants, incapables de voir l’intérêt commun de la nation. Chacun privilégie désormais ses petits intérêts personnels, ce qui nous affaiblit. Aujourd’hui, n’importe qui peut se lever et nous insulter impunément. », s’indigne MKadima.
« Aujourd’hui, n’importe quel individu peut financer quelques voyous, créer un parti, s’infiltrer au Parlement et modifier les lois de la République. Des projets salvateurs pour le pays sont bloqués sous prétexte de liberté d’expression et de droit à la protestation, nous rendant esclaves à vie. Je comprends pourquoi Mobutu avait pleuré le jour de l’officialisation du multipartisme. », poursuit-il.
Comme pour étayer son point de vue, il ajoute : « Aujourd’hui, les petits pays qui nous humilient ne sont pas des démocraties, mais des dictatures. Ils n’hésitent pas à éliminer ceux qui s’opposent à leur vision de conquête, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de leur territoire. Face à un tel ennemi, nous avons besoin d’un dictateur patriote, encore plus intransigeant et impitoyable, qui imposera le respect de la RDC par la force, œil pour œil, dent pour dent. Mobutu n’était pas parfait, il a commis plusieurs erreurs, mais son système reste, à ce jour, le meilleur que nous ayons connu. »
Pour le jeune artiste, « Le retour à l’authenticité était un excellent instrument pour cimenter notre peuple, et il n’aurait jamais dû être abandonné, mais plutôt modernisé. Même l’Occident nous ment : il ne pratique pas réellement la démocratie. Il impose sa volonté au reste du monde sous une dictature masquée. La preuve en est qu’il tolère et soutient le Rwanda, une dictature avérée. »
Pour couronner son œuvre, MKadima lance un appel, un dernier, mêlant désespoir et quête de sauveur : « Nous avons besoin d’un homme extrêmement dur, sévère et patriote pour nous sortir de cette situation. », conclut-il.

