Peinture : Malu, dans l’ombre elle creuse son sillon

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Elle dessine depuis toujours. Parfois pour passer du temps, souvent parce que c’est le seul moyen pour elle de se connecter à son essence. Désormais, entre formation académique et passion cultivée, elle s’évertue chaque jour à se chercher une identité qui lui est propre. Jeune peintre en pleine croissance, elle explore à travers ses toiles, un thème qui déchaîne les passions : la sérénité, dans tous ses états. Rencontre…

Du haut de ses 21 ans, Malu est une douée du crayon et du pinceau aussi, qui a débarqué avec son talent à sa naissance. « Depuis toute petite je dessine, et à chaque fois, les gens apprécient. Plus je grandissais, plus je découvrais ma voie. Et à l’obtention de mon bac, ça s’est imposé comme une évidence… Il fallait que je parte là où mon talent allait être poli. Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à l’ABA », confie t-elle avec sourire, ce sourire radieux qui ne quitte pas ses lèvres, même lorsque la fatigue se dessine sur son visage.

En L4 à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, Malu est une artiste qui n’aime pas perdre son temps. Lorsqu’elle n’est pas en cours, c’est auprès de son référent qu’elle passe ses moments, à peaufiner sa technique et parfaire son procédé artistique : « j’ai de grands rêves qui exigent d’énormes efforts. J’apprends chaque jour, j’aimerais être suffisamment prête pour ne pas me perdre, quand le moment sera venu pour moi de voler de mes propres ailes », déclare t-elle.

Si auprès du référent, une ligne de conduite est imposée aux jeunes artistes comme l’exige le règlement académique. Seule, à ses heures perdues, comme tout artiste, Malu a un faible pour une thématique. Elle explore un sujet dont les tentacules sont infinies : la sérénité. Sans s’écarter du champ sémantique, la jeune peintre voit en la sérénité, « cette capacité d’acceptation de ce qui est de ce que nous sommes ».

S’inscrivant dans la logique stoïcienne, qui voudrait que tout ce qui ne dépend pas de nous ne nous perturbe pas. Malu préconise à travers ses toiles solitaires, la sérénité comme « mode de vie à adopter si on veut vivre en harmonie avec tous les éléments qui nous entourent ». Pour elle, la sérénité est la meilleure alternative face à l’épineuse crise identitaire qui secoue les sociétés modernes. « Je pense qu’il faudrait assumer sans contrariété ce que nous sommes », et c’est vraiment la thématique qui me tient à cœur et sur laquelle je compte me focaliser dans le futur.

Artiste en pleine maturation, Malu ne restreint pas son champ d’action. Elle sait que si elle veut aller plus loin, elle ne doit se fixer aucune limite. Férue d’une technique mixte qui mêle l’acrylique à la peinture à huile, la jeune artiste peintre laisse voguer son imagination partout. Défis environnementaux ou conditions difficiles de la vie : tout chez elle est prétexte pour donner de la voix à son art, lequel art qu’elle compte mettre au service de son milieu direct, pour apporter des solutions adéquates aux problèmes de sa communauté.

« Je vous donne rendez-vous dans un futur proche, je me vois très loin, je rêve d’exporter mon art à travers le monde », promet Malu, sereine et confiante.

(Ci-dessous, le dernier tableau de Malu intitulé Absence vitale, qui traite de la déforestation, ses effets sur l’environnement et la légèreté avec laquelle l’humain appréhende ce chaos inexorable. Le tableau a été exposé au Centre Ismaëli de Kinshasa)

Écrit par :

Ndaye Kazadi
Ndaye Kazadi
Auteur, Rédacteur Web, JRI

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