Publié il y a trois jours, le communiqué de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), dénonçant une discrimination contre les locuteurs swahiliphones à Kinshasa, a provoqué une véritable onde de choc sur les réseaux sociaux.
De nombreuses figures publiques et citoyens congolais contestent la prise de position de l’épiscopat, l’accusant d’attiser des clivages infondés.
Le journaliste Israël Mutombo, dans son émission Bosolo na politik, n’a pas mâché ses mots : « Nous sommes tous égaux. Pourtant, ce discours risque d’exacerber les tensions et de mener à une guerre civile sur les réseaux sociaux. Où sont les preuves de ces attaques contre les locuteurs swahiliphones ? Il semble être le seul à propager une telle rhétorique clivante. »
Selon lui, l’abbé N’Shole, malgré une apparente bonne foi, s’expose à devenir un agent de division à l’échelle nationale.
Philosophe, analyste politique et ingénieur multimédia, Gérald Mulumba Kalemba s’interroge sur les véritables intentions de l’Église catholique : « N’Shole signe une lettre, au nom de ses amis, dénonçant la stigmatisation des Baswahili à Kinshasa. Pourtant, des individus suspectés d’être liés aux infiltrations rwandaises ont été signalés dans le cadre de la vigilance citoyenne. Tout locuteur swahili est-il forcément Muswahili ? Moi-même, je parle cette langue ! » a-t-il réagi sur son compte Meta.
Membre de la diaspora congolaise aux États-Unis, Dorcas Odia accuse l’épiscopat de dissimuler un agenda politique derrière cette prise de position : « L’Église catholique a un plan : déstabiliser les institutions en place. Ce communiqué jette de l’huile sur le feu en pleine crise. Où sont les preuves tangibles de cette supposée discrimination envers les Swahiliphones ? »
Déçue, elle met en garde la jeunesse congolaise : « Nous sommes tous Congolais, ne tombons pas dans le piège de la division. »
Pour certains, la CENCO adopte une posture partisane et incendiaire.
Le journaliste et analyste politique John Tshitende dénonce lui, le silence de l’épiscopat sur d’autres crises majeures : « Tandis que l’Église ferme les yeux sur les atrocités perpétrées à Goma, elle choisit de dénoncer une prétendue discrimination des Swahiliphones à Kinshasa. Ce type de rhétorique ne fait qu’envenimer les tensions. Quel est le véritable objectif de ces hommes en soutane ? » a-t-il commenté sur son compte X.
Dans sa correspondance, la CENCO affirme constater une recrudescence des propos discriminatoires envers les locuteurs swahili, dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et les séquelles de la guerre. L’épiscopat appelle à renoncer à la haine et à œuvrer pour une paix durable en République Démocratique du Congo.

