Le 16 mars dernier, le président congolais Félix Tshisekedi recevait Ronny Jackson, membre du Congrès américain et émissaire du président Donald Trump, selon la présidence congolaise. Si Kinshasa s’était félicitée de cette visite, c’était sans compter sur ce qui allait suivre comme rapport, plus d’une semaine après.
Ce mardi 25 mars, devant une commission du Congrès américain, Ronny Jackson n’a pas mâché ses mots en dressant un tableau accablant de la situation dans la région. Il a particulièrement chargé la RDC, dénonçant un système corrompu et désorganisé.
S’il reconnaît d’emblée les immenses richesses du sous-sol congolais, le congressiste souligne que celles-ci restent hors de portée en raison de l’insécurité. Quant à l’est du pays, il estime que la zone est totalement hors de contrôle : « Le gouvernement congolais n’a pas la capacité d’y faire respecter son autorité », a-t-il affirmé.
Concernant la rébellion du M23, Ronny Jackson affirme que ce groupe agit sans réelle opposition, même sans le soutien actif du Rwanda : « Les FARDC ne combattent même pas. Elles fuient ou, dans certains cas, rejoignent le M23 », a-t-il ajouté.
Pour apaiser les tensions dans la région, il suggère que la RDC partage certains bénéfices économiques avec ses voisins : « Si chacun peut y trouver un intérêt, alors chacun aura une raison de garantir la sécurité. »
S’il reconnaît l’urgence d’attirer les investissements étrangers en RDC, il pointe du doigt un climat des affaires délétère, marqué par la corruption, les pots-de-vin, la manipulation des taux de change et l’arbitraire judiciaire. Des pratiques qui, selon lui, dissuadent notamment les entreprises américaines d’investir en RDC.
Il s’offusque aussi « des membres du gouvernement congolais et leurs familles qui s’enrichissent énormément, pendant que la population vit dans des conditions misérables ». Un véritable camouflet pour Kinshasa, qui l’avait reçu avec faste, espérant qu’il plaiderait sa cause.

